Un dernier sprint. Après avoir opéré un spectaculaire redressement, les Dogues iront défendre leur strapontin européen à Lorient, demain. Avec un seul point d'avance sur Saint-Etienne et Rennes, les Nordistes sont encore loin d'avoir complètement composté leur billet pour l'UEFA. D'autant que l'effectif lillois, dans cette dernière journée, semble tirer la langue, même si Nicolas Plestan (cheville) est toujours le seul absent de marque pour Claude Puel. « On est tous un peu fatigué. Mais pour nous, ce match à Lorient et une finale, on doit donner tout ce qui reste », assure Michel Bastos.
Tout ce qui reste pourrait suffire, car après avoir assuré son maintien depuis un bon mois, Lorient est plus que jamais à l'ouest : depuis mars, les deux seules victoires Merlus l'ont été contre des relégables (Metz et... Lens). Déjà en vacances, les Bretons ? « S'ils gagnent, ils prennent trois places au classement. Et trois places en fin de saison, ça peut faire une différence de quelques d'euros », se persuade Ludovic Obraniak. En attendant, ce n'est pas le comptable des Merlus qui sera sur la pelouse, et le milieu offensif lillois est bien obligé de préciser sa pensée : « Ils seront motivés. Mais pas autant que nous.» Certains Dogues le seront plus que d'autres. Ceux qu'on ne reverra peut-être pas sous la tunique rouge (Makoun, Sylva...). Ceux-là s'en iraient avec le sentiment du travail bien fait. Et iront déjeuner avec Martine Aubry dimanche, sur le toit de la Communauté urbaine, comme pour dire adieu à la Métropole.
Rio Mavuba, 24 ans, est incontestablement l'un des joueurs clé de la seconde partie de saison réussie du LOSC. Depuis son arrivée dans la capitale des Flandres, il a disputé tous les matchs et n'en a perdu que deux en Ligue 1 sous ses nouvelles couleurs, sur seize disputés au total. « Je venais chercher du temps de jeu, tout s'est bien passé pour moi comme pour le club, on peut dire que c'est un bon mariage » analyse-t-il, lui qui avait besoin de se relancer après six mois presque sans jouer à Villarreal.
Il savoure aussi à sa juste valeur le fait de pouvoir viser une qualification européenne avec Lille. « Lorsque je suis arrivé, l'objectif premier était le maintien » rappelle-t-il. Avant sa première apparition face au Mans, le 23 janvier, les Dogues pointaient en effet à la dix-septième place. Quatre mois plus tard, ils sont cinquièmes. « Sincèrement, à l'époque je n'y aurais pas cru, même si je savais qu'avec quatre ou cinq bons résultats d'affilée on pouvait refaire surface, d'autant que le classement était très serré. » En l'espace de quelques mois, Mavuba s'est fondu dans le collectif. Il excelle dans le rôle que lui a confié Claude Puel en tant que libéro devant la défense. Quant à son entente avec Cabaye et Makoun au milieu de terrain, elle ressemble à une sorte de triangle des Bermudes, un espace dans lequel les adversaires y font régulièrement naufrage.
Demain soir, à Lorient, ce triangle lillois dont le sommet se nomme Mavuba, fera pourtant peut-être sa dernière sortie. Car Mavuba, qui a été rappelé le 20 mars par Domenech sur une liste élargie de 29 Bleus, est aussi un international convoité. Un joueur de ce talent en Ligue 1, cela se monnaye. « Je ne sais pas encore si ce sera mon dernier match avec Lille. Si le LOSC veut me conserver, il devra faire un effort, il faut qu'on discute. Mais je ne peux pas nier que je me sens bien ici, je m'éclate dans cette équipe, et j'aurais encore plus envie de rester si le club était qualifié en Coupe d'Europe. »
Le LOSC, qui n'a en charge pour l'instant que la moitié de son salaire, l'autre étant assurée par Villarreal, le club prêteur, devra donc mettre la main au portefeuille s'il veut conserver Mavuba, dont les émoluments tournent autour des cent mille euros mensuels. Le LOSC devra en outre payer des indemnités de transfert qui devraient avoisiner les sept millions d'euros. Cela peut sembler beaucoup, mais c'est pourtant le prix à payer pour s'offrir un joueur de classe internationale.
Les supporteurs, eux, l'ont bien sûr adopté. Ils sont sous le charme de ce guerrier sur le terrain qui cultive une bonne humeur communicative en dehors.
Samedi dernier, après le derby, il n'hésita d'ailleurs pas à s'emparer du micro des « ultras » lillois tendu depuis les tribunes pour lancer des « Allez le LOSC » en leur compagnie.
